La bonne carte

 
Les règles de l’efficacité
Le Dossier

Hélène Durand
Alisé géomatique

 

Qu’est-ce qu’une bonne carte ? Hormis la part d’esthétique et donc de subjectivité, sa lisibilité repose sur quelques règles :
• Simplifier. Modéliser le réel en le simplifiant selon la problématique : une carte sur la protection des espaces naturels d’un département ne devra pas fournir tous les axes routiers du département. Seuls quelques axes principaux seront représentés pour que l’utilisateur se repère dans son territoire.
• Donner des repères. La carte doit comprendre : un titre, une légende, l’orientation, l’échelle et les sources des données.
Adapter la précision selon l’échelle de représentation et fournir un référentiel adapté. La carte numérique IGN 1/25 000e ne doit pas être affichée au 1/50 000e.
• Veiller à l’exhaustivité et à l’actualité de la donnée. C’est un des reproches que l’on fait à Google : la date d’actualisation des données n’est pas précisée.
• Veiller à la lisibilité et à la sélectivité de la carte. Il vaut mieux se limiter à l’emploi de six ou sept couleurs. Au delà, l’œil ne peut les distinguer rapidement. En revanche il saura distinguer un grand nombre de formes. Quant à l’usage optimal des signes et couleurs, on veillera à appliquer les règles de la sémiologie1 graphique.

Sur le web tout site de cartographie doit :
• Fournir une imagette de position, dès le chargement de la 1re carte pour se situer dans le territoire et ce, quelle que soit l’échelle de consultation.
• Fournir des repères ou référentiels suffisants (noms des lieux, routes…), sans saturer la carte. Choisir une taille de police bien lisible.
• Utiliser les cartes scannées de l’IGN à des échelles adaptées (ex. : la carte topo au 1/25 000e).
• Fournir des fonctionnalités simples adaptées au public concerné. Ainsi une interface de type webSig (outil à l’ergonomie complexe) n’est pas adaptée au grand public.
• Vérifier la compatibilité avec les navigateurs.

À retenir aussi : Quel que soit le support, toujours définir l’objectif de la communication et la cible visée (associations, citoyens, élus, entreprises, administrations, professionnels, etc.).

1. Voir sur www.forumsig.org et lire l’ouvrage de Jacques Bertin, Sémiologie graphique, Ehess, 2005, 444 p. La sémiologie graphique est l’ensemble des règles qui permettent l’utilisation et l’interprétation d’un système graphique (Wikipédia).