Méthode

Les services pour favoriser le dialogue territorial

 

Espaces naturels n°57 - janvier 2017

Le Dossier

Leita Tschanz & Thierry Tatoni, IMBE, leita.tschanz@imbe.fr, Jean-Jacques Brun, Irstea.

Penser ensemble l’avenir des territoires… Pourquoi pas en utilisant les services écosystémiques comme vecteur d’intelligence collective ?
Atelier de concertation autour des services écosystémiques.

Atelier de concertation autour des services écosystémiques. © Leita Tschanz 

Depuis 2005, la notion de services écosystémiques a déclenché un entrain collectif et rassemblé toute une communauté autour d’elle en proposant une solution alliant « conservation et développement ». En effet, le concept de services écosystémiques a permis d’élaborer un cadre pour contribuer à une prise de décision effective concernant la conservation de la biodiversité et l’utilisation des ressources naturelles. Les progrès faits en termes d'évaluation permettent d'en faire un bon outil de dialogue, dans une vision transversale et multifonctionnelle des territoires.

En utilisant le dire d'expert pour évaluer le potentiel des milieux naturels à fournir tous les services, on met en place un outil de médiation efficace qui permet d’amorcer une réflexion sur ce concept, en associant pleinement les différents acteurs du territoire et en confrontant les connaissances et expertises locales (cf. Espaces naturels n°52). Chercheurs et experts du territoire se réunissent afin de partager leurs représentations des services écosystémiques potentiels du territoire. Ces échanges sont essentiels pour mettre en place un diagnostic partagé et un apprentissage collectif des résultats, afin de favoriser une meilleure appropriation des résultats de recherche et favoriser l’intelligence territoriale.

La mise en pratique de cette approche théorique présente néanmoins des difficultés opérationnelles importantes. Les problèmes majeurs rencontrés concernent : la compréhension du contexte d’application de la gouvernance, la complexité du passage de la théorie à la pratique, l'incertitude liée à la prise en compte de données quantitatives ou semi-quantitatives partielles, ainsi que les problèmes liés aux échelles spatiales et temporelles. Cette démarche reste cependant pleinement innovante. En effet, elle constitue une couche de lecture de la connaissance pour une approche globale des territoires et permet d’amorcer des discussions avec les partenaires de la décision territoriale (SCOT, PLU, SAGE). Aussi, les visions du territoire mobilisées lors d’ateliers participatifs avec tous les acteurs de la gestion et de l'aménagement du territoire permettent, grâce à l’utilisation des services potentiels, de faire l’analyse prospective des usages possibles dans le cadre du changement global.

Elles sont une ressource particulièrement intéressante pour anticiper les changements, réfléchir sur la sensibilité des territoires et discuter des événements extrêmes.